Équipe de recherche sur les
terrorismes et les extrémismes
Faculté des Sciences Sociales
Département de science politique

Programme de recherche

Objectifs (2012-2017)

LE TERRORISME est aujourd’hui considéré comme l’une des menaces les plus importantes à la sécurité des États. Phénomène diffus et mouvant, il relève de logiques multiples, qui touchent tant la structuration des groupes, que l’idéologie qu’ils mobilisent et les objectifs parfois ambivalents qu’ils poursuivent. De plus, si le champ des études sur le terrorisme s’est considérablement développé, il reste marqué par une double limite : un faible ancrage théorique et le recours fréquent à des sources de seconde main. Notre recherche a pour objectif principal d’expliquer théoriquement et empiriquement les processus qui sous-tendent le passage au terrorisme dans des contextes conflictuels.  Ce faisant, 1) nous identifierons les principaux mécanismes qui accompagnent ces processus; 2) proposerons un cadre analytique fondé sur des outils peu mobilisés dans les études sur le terrorisme; 3) progresserons dans la compréhension des cas à l’étude.

Nous rejetons le postulat selon lequel le terrorisme aurait uniquement des « causes » identifiables et adoptons une posture épistémologique et théorique qui reste peu développée dans ce champ d’études. En effet, nous proposons de réfléchir aux phénomènes terroristes en termes de « processus ». Nous empruntons nos principaux outils théoriques à la sociologie des mouvements sociaux et en particulier à l’approche dite de la « politique du conflit » (contentious politics), que nous articulons à plusieurs concepts de la sociologie de Pierre Bourdieu. Une question centrale guidera notre réflexion : Quels sont les processus et les mécanismes qui sous-tendent le passage au terrorisme? Nous posons l’hypothèse selon laquelle le passage à la violence terroriste ne peut se comprendre que de manière relationnelle. Ces dynamiques relationnelles interviennent à quatre niveaux : entre les acteurs engagés dans un jeu de nature conflictuelle; entre les acteurs qui appartiennent à une même mouvance ; entre ces différentes catégories d’acteurs et l’espace social dans lequel ils évoluent; entre ces mêmes acteurs et les environnements régionaux et internationaux. La notion de conflit est ici entendue comme une configuration d’interdépendances dans laquelle des acteurs (individus ou  groupes) aux objectifs incompatibles s’opposent. Dès lors, nous analyserons les mobilisations des groupes qui recourent au terrorisme, les interactions qui s’instaurent entre les différents acteurs impliqués dans le conflit, entre ces derniers et leur environnement.

Contexte et cadre analytique

CETTE PROGRAMMATION s’inscrit dans la continuité des recherches conduites depuis juin 2007. Les résultats sur la radicalisation et les processus de régionalisation de la violence ont ouvert de nouveaux questionnements, tant sur le plan théorique que méthodologique. Si nous avons montré la nécessité d’articuler les dimensions structurelles, contextuelles et culturelles, nous souhaitons progresser dans l’intégration des aspects sociaux dans un cadre analytique renouvelé. Ainsi, plusieurs interrogations ont surgi sur les modes de régulations sociales et leurs rapports à la violence; sur les relations entre terrorisme et autres formes d’actions; sur l’importance des dynamiques générationnelles. De même, si notre démarche reste inchangée, nous avons décidé de diversifier nos stratégies de recherche et nos terrains d’investigation, élargissant la réflexion à d’autres cas relevant de logiques conflictuelles autres qu’identitaires. Un tel changement renforce la dimension comparative de notre programme et le potentiel de généralisation porté par le cadre analytique que nous souhaitons construire.

Cette programmation s’inscrit dans les débats sur les origines ou les « causes du terrorisme ». Le champ d’études sur le terrorisme a connu au cours de la dernière décennie une multiplication des recherches sur cet objet. Toutefois, si des progrès ont été réalisés, aucune théorie n’émerge. De plus, la grande majorité de ces travaux souffrent de problèmes méthodologiques qui en diminuent la portée (Campana et Lapointe, à paraître). Si plusieurs auteurs ont proposé de désagréger les niveaux d’analyse et de distinguer différentes variables, à la suite des travaux de M. Crenshaw (1981), nombreux sont ceux qui peinent à les articuler au sein d’un cadre analytique cohérent. De plus, aucun ne pose la question du poids relatif de ces différentes variables dans le passage au terrorisme. 

Afin de renouveler l’analyse, nous nous proposons de raisonner selon une épistémologie constructiviste non pas en termes de conditions, mais de processus sociaux et politiques. Ce programme de recherche emprunte à la théorie des mouvements sociaux ses principaux outils théoriques. Bien qu’elle ait été mobilisée dans plusieurs travaux sur la violence politique (notamment Oberschall, 2004 ; Wittorowicz, 2004; Hafez, 2003), cette approche reste encore peu développée dans les études sur le terrorisme (Alimi, 2011 : 94). Pourtant, comme le montre Beck entre autres, elle permet de penser les angles morts identifiés plus haut et d’intégrer les éléments contextuels à l’analyse (2008).

Nous définissons, à la suite de C. Tilly, le terrorisme comme une stratégie politique assimilée à « asymmetrical deployment of threats and violence against enemies using means that fall outside the forms of political struggle routinely operating within some current regime » (2004 : 5). Ce faisant, nous ne considérons pas le terrorisme de par son exceptionnalité, même si nous reconnaissons qu’il diffère des autres types de violences. De même, nous n’assimilons pas le passage au terrorisme à une rupture dans la trajectoire des acteurs, mais examinons les continuités tant au niveau des représentations que des pratiques. Nous concentrons notre recherche sur des cas de terrorisme non-étatiques, estimant que ces derniers ne relèvent pas des mêmes logiques que le terrorisme d’État (Stohl et Lopez, 1988). Afin de permettre la comparaison entre différents types de terrorisme, nous n’isolons pas ce qui fait leur singularité (objectifs poursuivis), mais nous nous concentrons sur la dimension qui selon nous caractérise toutes les formes de terrorismes dits domestiques, à savoir la remise en cause d’un ordre social établi et des systèmes dominants d’autorité politiques, économiques et symboliques qui le régulent (Koopmans, 2003). Une telle approche permet d’éviter toute tentation de réification de l’État. Pour ce faire, nous proposons une typologie fondée sur le rapport que les groupes terroristes entretiennent à ces systèmes d’autorité, et sur les logiques qui les guident. Elle distingue 1) les groupes qui les remettent en cause dans leurs fondements même (ex : groupes séparatistes); 2) les groupes qui cherchent à induire des transformations de l’ordre social (ex : groupes d’extrême-droite); 3) les groupes qui cherchent à influencer les politiques publiques (ex : groupes environnementaux).

L’argument de C. Tilly selon lequel le terrorisme doit être considéré comme un processus relationnel forme le point de départ de notre réflexion (2005). Contrairement aux approches qui analysent les dimensions idéationnelles ou les motivations des groupes ou des individus, la sociologie de « la politique du conflit » met l’accent sur les interactions dynamiques qui animent les différents protagonistes d’un conflit. Dans cette perspective, toutes les formes d’action, violentes ou non, peuvent être assimilées à une « conversation » (McAdam et alii, 2003: 7). L’approche relationnelle tient compte des transactions qui s’opèrent entre ces différents acteurs et des systèmes de relations dans lesquels ils évoluent. Ce faisant, elle permet de dépasser les oppositions stériles entre les approches structurelles, rationnelles et culturelles et fait le pont entre l’agence et la structure. Elle fait également une large place à l’historicité, n’étant ni finaliste ni déterministe, mais bien comparatiste et contextualisante.

Afin d’enrichir cette approche, nous introduisons la notion d’espace social de la contestation violente. La définition que nous donnons à la notion d’espace social rappelle celle de « système social » d’A. Giddens, qui fait référence à des « reproduced relations between actors or collectivities, organized as regular social practices » (1986 : 5). Elle permet de penser les interdépendances qui unissent les différents acteurs dans une logique situationnelle, les connexions entre différents épisodes violents et non-violents, et les relations que l’espace de la contestation violente entretient avec d’autres espaces sociaux (Mathieu, 2007). Pour comprendre comment les acteurs se positionnent dans cet espace et comment leurs positions évoluent, nous baserons notre réflexion sur le concept d’habitus. Défini par Bourdieu comme un « ensemble de dispositions » (1981 : 134), l’habitus incarne au niveau individuel et collectif les règles qui régissent l’ordre social d’un espace social donné. Nous analyserons comment l’habitus tant au niveau individuel que collectif évolue dans l’espace social de la contestation violente. Nous interrogerons la continuité de la protestation violente avec d’autres formes de contestation. Ce cadre analytique sera précisé au cours de la recherche, dans un dialogue constant entre outils conceptuels et données empiriques.

Méthodologie

NOUS NOUS situons dans une approche interprétative et adoptons une stratégie de recherche inductive. Notre approche méthodologique mixte (mixed-methods research) met l’accent sur la dimension comparative, qui permettra une meilleure compréhension des dimensions les plus saillantes dans le passage au terrorisme. Les études de cas envisagées sont : le Mouvement du 19 avril (Colombie) ; l’Émirat du Caucase du Nord (Russie); la « secte » Boko Haram (Nigeria); le mouvement Aryan Nation (Canada et États-unis), ainsi que l’IRA (Irlande du Nord). Ces cinq cas couvrent des mouvements désignés comme terroristes, qui poursuivent des objectifs différents, mais qui relèvent des logiques de contestation des systèmes d’autorité établis identifiées plus haut. Ce choix est dicté par trois considérations : 1) la volonté d’inclure dans l’échantillon des groupes aujourd’hui inactifs, afin de faciliter l’accès aux acteurs ; 2) la perspective comparative que nous adoptons entre des cas apparus dans des contextes politiques différents et mobilisant des ressorts idéologiques diversifiés 3) un certain pragmatisme dicté par les ressources à notre disposition et les récentes opportunités que nos réseaux nous ont ouvertes. Ainsi, nous possédons une expertise sur le Caucase du Nord développée au cours de nos précédentes recherches. De la même manière, nous avons établi des contacts préliminaires avec des spécialistes des questions nigérienne et colombienne. Ces derniers nous permettent d’envisager des recherches de terrain en Colombie. Enfin, plusieurs étudiants dont nous dirigeons les travaux viennent d’entamer des recherches sur deux de ces cas (extrême-droite nord-américaine et IRA). Les considérations linguistiques impliquées par une telle recherche ne représentent pas un obstacle. En effet nous maîtrisons l’anglais et le russe, alors que de nombreux étudiants originaires d’Amérique latine poursuivent leurs études à l’Université Laval.

Afin de mener à bien notre projet, nous articulons méthodes qualitatives (recherche documentaire et archivistique, entretiens semi directifs, analyse de discours) et quantitatives. Nous adoptons une optique comparative : suivant les axes, la comparaison englobera les cinq cas retenus, ou se concentrera sur deux d’entre eux. Cette stratégie, qui dénote d’une certaine flexibilité, vise à assurer la faisabilité de la recherche. Elle anticipe également les difficultés d’accès à certaines sources pour les groupes toujours en activité. Enfin, une telle démarche est novatrice : d’une part très peu d’études sur le terrorisme développent une approche comparative; d’autre part l’utilisation de méthodes mixtes relève de l’exception (Campana et Lapointe, 2012). Afin de gagner en clarté, nous avons opté pour une présentation concomittante de nos trois axes de recherche et des méthodes que nous utiliserons.

Axes de recherche

Axe 1 : Espace social de la contestation violente et répertoire de violences (années 1 et 2)

Cet axe vise d’abord à cartographier l’espace social de la contestation violente. Un tel exercice consistera, pour chacun des cas, à repérer les acteurs contestataires impliqués dans le conflit, qu’ils mobilisent la violence ou non, et les acteurs qui incarnent les systèmes établis d’autorité. Un regard particulier sera porté aux dynamiques des groupes usant du terrorisme, et à leur intégration (ou à leur isolement) dans les systèmes de relations propres à chacun des espaces sociaux. Puis nous répertorierons tous les actes de violence qui ont été attribués aux groupes à l’étude. Ce faisant, nous caractériserons le répertoire d’action propre à chacun d’entre eux. Nous nous concentrerons particulièrement sur le « répertoire de violences » qu’ils mobilisent. Cette notion a été utilisée par plusieurs auteurs, mais elle souffre d’un manque de conceptualisation. Nous la reprenons à notre compte, avec pour objectif de la préciser au cours de la recherche, particulièrement eu égard aux positions des groupes dans l’espace social de la contestation et à l’habitus de leurs membres. Notre objectif est de comprendre les relations que le terrorisme entretient avec les autres formes d’action violente et non violente. En effet, la plupart des auteurs s’accordent sur le fait qu’un groupe qui pratique le terrorisme est investi dans d’autres types d’activités. De plus, plusieurs recherches ont montré que les groupes développent graduellement un répertoire de violences (Della Porta, 2008 : 228). L’idée est de pousser plus loin la réflexion sur cet aspect en montrant en quoi une possible évolution de l’habitus d’un individu ou d’un groupe peut induire des transformations dans le répertoire d’actions.

Ces deux premières étapes seront réalisées en construisant un « catalogue d’événements » pour chacun de nos cas. Ces derniers seront publiés sous une forme qui reste à déterminer sur le site de la Chaire. Pour ce faire, nous suivrons la stratégie proposée par J. Ross (2004) et croiserons trois sources de données différentes, afin de limiter au maximum les biais : une base de données générale recensant les événements terroristes (Global Terrorism Database, qui couvre la période 1970-1990), que nous complèterons par des bases de données que nous constituerons à partir de la presse locale, des documents émanant de chacun de nos cinq groupes, et le cas échéant d’archives. Même si nous sommes consciente des limites d’un tel exercice, nous pensons que cette stratégie nous permettra d’établir des tendances, indispensables à l’appréhension des dynamiques relationnelles identifiées plus haut. Enfin, nous nous attacherons à mettre en relation les événements terroristes et les écrits attribués à des représentants de ces groupes. Nous combinerons, comme prescrit par Koopmans et Statham à l’analyse quantitative des événements contestataires dans chacun de nos cinq cas une analyse de discours (1999). Ceci nous conduira à nous intéresser au rôle de la ressource terroriste, et à la disponibilité du terrorisme en tant que forme d’action légitimée dans les répertoires d’actions préexistants et aux systèmes de justification mobilisés par les acteurs. 

Axe 2: Perspectives démographiques et dynamiques générationnelles (année 3)

Dans le cadre de ce second axe, nous nous proposons d’aborder les phénomènes terroristes sous l’angle des perspectives démographiques et des dynamiques générationnelles. Dans un premier temps, nous nous pencherons sur les facteurs démographiques qui pourraient expliquer en partie les dynamiques de structuration, de développement et de continuation des mouvements terroristes. Nous tenterons particulièrement de voir s’il existe une corrélation entre les transformations que connaissent les structures démographiques dans un espace déterminé et les temporalités du terrorisme. Considérant que les structures familiales constituent le noyau de toute société, nous posons l’hypothèse que les transformations touchant ces dernières peuvent être un facteur de transformation des équilibres sociaux, politiques et symboliques dans un espace social donné. Si l’intégration des perspectives démographiques dans l’appréhension de la violence politique cristallise depuis peu l’intérêt de la communauté académique (Cinnotta and alii, 2003; Brunborg et Tabeau 2005), une telle approche n’a pas encore été, à notre connaissance, appliquée à l’étude du terrorisme. Pour ce faire, nous isolerons un certain nombre d’indicateurs démographiques qui ont trait à la taille et à la structure démographique d’une population (structure d’âge, classes générationnelles; distribution géographique, composition ethnique..) afin de mesurer quantitativement les changements objectifs qui auraient pu advenir dans ces espaces sociaux et les impacts qu’ils ont sur les phénomènes terroristes. Nous travaillerons à partir de la Global Terrorism Database, et des bases de données recensant les indicateurs démographiques, comme celles compilées par les différentes agences affiliées aux Nations Unies, des institutions internationales (Banque Mondiale...) ou encore des centres de recherche universitaires.
Ce premier niveau d’analyse sera complété par un examen des dynamiques générationnelles. Ces dernières demeurent sous étudiées, alors même qu’elles constituent des éléments centraux à la compréhension des conflits armés (Urdal, 2006). Nous tenterons de saisir comment les transformations générationnelles influent sur l’agenda, le répertoire d’action et les dynamiques internes des mouvements terroristes. De fait, nous nous intéresserons, en utilisant le concept d’habitus, aux trajectoires de la socialisation militante; aux modalités de formation et d’articulation d’une contre-culture militante radicale; et à la mobilisation d’instances de légitimation alternatives. Des études qualitatives seront privilégiées pour deux de nos cas (M-19, IRA). Nous envisageons de faire des entrevues semi-dirigées avec des individus ayant participé au M-19 et à l’IRA. Nous avons établi des contacts avec certains membres du M-19 et l’un de nos étudiants au doctorat a effectué cet été un séjour de terrain exploratoire en Irlande du Nord. La consultation d’archives, disponibles dans les deux pays, complètera notre collecte de données.

Axe 3: Les réponses de l’État (années 4 et 5)

Ce dernier axe se concentrera sur les stratégies des acteurs étatiques. Il ne s’agira pas tant de comprendre comment l’État répond au terrorisme que d’interroger la manière dont les réponses formulées influencent les dynamiques interactionnelles. La relation entre répression et terrorisme reste indéterminée, certains auteurs montrant que la répression agit comme une contrainte, alors que d’autres établissent qu’elle provoque l’engagement (pour une synthèse, Davenport and alii, 2005). Nous examinerons deux questions distinctes. La première concerne l’interaction des différentes ressources mobilisées par les États (droit, renseignements, police, armée…). Les recherches qui portent sur les relations entre répression et terrorisme n’abordent que peu cette question, alors même qu’elle nous semble centrale. Son traitement permettra de différencier la réponse des États en fonction de la nature de leur régime (démocratique, semi-autoritaire). Les cas des États-Unis, du Canada et de la Russie seront ici privilégiés. Nous commencerons par identifier les principales réponses formulées par chacun de ces États, avant d’examiner à travers leurs actions comment elles ont évolué dans un « processus de réciprocité d’adaptation et d’innovation » (della Porta, 2008). Pour ce faire, nous utiliserons le catalogue d’événements élaboré dans le cadre de l’axe 1.
Notre deuxième question portera sur les perceptions des politiques anti-terroristes par les principaux groupes visés par ces législations, de par leur appartenance ethnique, religieuse ou leur activisme passé ou présent. Nous tenterons de comprendre si les réponses de l’État influencent les comportements des groupes et leur répertoire d’actions. Nous considérons que la perception de la violence est socialement construite et distinguons les stratégies antiterroristes explicitement répressives (enfermement, torture etc.), des stratégies de surveillance (contrôle policier, profilage etc.). En d’autres termes, la violence de l’État ou les actions de l’État perçues comme telles induisent-elles une violence mimétique de la part de groupes tentés par le passage au terrorisme? Il s’agit là de comprendre comment la perception d’une logique sécuritaire, punitive ou répressive peut contribuer à transformer les dynamiques interactionnelles entre acteurs. Ce questionnement ne sera exploré que dans le cas du Canada. Des groupes-cibles, appartenant à des communautés immigrées (de confession musulmane, sikh, tamoule...) et aux mouvances d’extrême-droite seront identifiées, à la suite de quoi des entretiens semi-directifs seront menés avec les individus qui accepteront de participer à l’enquête.

Références bibliographiques

Alimi, Eitan Y. (2011). « Relational dynamics in factional adoption of terrorist tactics: a comparative perspective.” Theoretical Sociology 40, 95–118

Beck, Colin (2008). “The Contribution of Social Movement Theory to Understanding Terrorism. » Sociology Compass 2(5), 1565–1581.

Bourdieu, Pierre (1981) Questions de sociologie, Paris, Minuit.

Brunborg, Helge. and Tabeau, Ewa (2005). “Demography of Conflict and Violence: An Emerging Field.” European Journal of Population 21, 131–144.

Campana, Aurélie and Luc Lapointe (2012) “The Structural “Root” Causes of Non-Suicide Terrorism: A Systematic Scoping Review”, Terrorism and Political Violence (à paraître).

Cincotta, Richard P., Robert Engelman and Daniele Anastasion (2003). The security demographic: Population and civil conflict after the cold war.Washington: Population Action International.

Crenshaw, Martha (1981). “The causes of terrorism.” Comparative Politics 13(4), 379-399.

Davenport, Christian, Hank Johnston and Carol Mueller (eds) (2005). Repression and Mobilization.Minneapolis andLondon:University ofMinnesota Press.

della Porta, Donatella (2008) “Research on Social Movements and Political Violence.” Qualitative Sociology,  31(3), 221-230.

Feldmann Andreas E. and Maiju Perälä (2004). “Reassessing the Causes of Nongovernmental Terrorism in Latin America.” Latin American Politics and Society 46(2), 101-132.

Giddens, Anthony (1986). The constitution of society: outline of the theory of structuration.Berkeley: University Press ofCalifornia.

Hafez, Mohamed (2003). Why Muslims Rebel: Repression and Resistance in the Islamic World. Lynne Rienner Pub.

Koopmans Ruud and Paul Statham (1999). “Political Claims Analysis: Integrating Protest Event and Political Discourse Approaches.” Mobilization: An International Quarterly, 4(2), 203-221.

Koopmans, Ruud (2003). “Protest in Time and Space: The Evolution of Waves of Contention.” In David Snow, Sarah Soule and Hanspeter Kriesi (eds). The Blackwell Companion to Social Movements; Blackwell Publishing.

Mathieu, Lilian (2007). « L'espace des mouvements sociaux », Politix, 77, 131-151.

McAdam Doug, Sidney Tarrow and C. Tilly (2003). Dynamics of Contention.Cambridge:CambridgeUniversity Press.

Obserchall, Anthony (2004). “Explaining Terrorism: The Contribution of Collective Action Theory.” Sociological Theory, 22(1), 26-37.

Ross, Jeffrey Ian (2004). “Taking Stock of Research Methods and Analysis on Oppositional Political Terrorism.” The American Sociologist, 35(2), 26-37.

Michael Stohl and George López (1988). Terrible Beyond Endurance? The Foreign Policy of State Terrorism (estport: Greenwood Press.

Tilly, Charles (2004). “Terror, Terrorism, Terrorists”, Sociological Theory, 22(1), 5-13.

Tilly, Charles (2005). “Terror as Strategy and Relational Process”, International Journal of Comparative Sociology, 46(1-2), 11-32.

Tilly, Charles et Sidney Tarrow, (2008). Politique(s) du conflit : De la grève à la révolution. Paris : Sciences Po Les Presses.

Urdal, Henrik, (2006). “A Clash of Generations? Youth Bulges and Political Violence.” International Studies Quarterly, 50(3), 607–630.

Wittorowicz, Quintan (ed.) (2004), Islamic Activism. A Social Movement Approach. Bloomington: Indiana Universitry Press.